L'octodon à travers le temps


L'octodon vient du Chili, plus particulièrement d'une région s'étendant du centre du Chili jusqu'au sud du Pérou. Il vit dans les régions semi-arides des montagnes de la Cordilière des Andes où on le retrouve parfois jusqu'à 2000 m d'altitude, parfois plus. Dans ces régions, il est souvent considéré comme de la vermine puisqu'il se nourrit des récoltes et des graines. Il y a quelques centaines d'années, le dégu est réputé auprès de certain clans, puis par les conquistadores, comme ayant une chair particulièrement goûteuse1 .

Selon certaines recherches sur l'évolution de l'espèce, le dégu n'aurait pratiquement pas changé depuis l'Éocène, c'est-à-dire depuis environ 52 millions d'années. En effet, les fossiles retrouvés auraient, déjà dans cette période, tous les mêmes attributs que les octodons actuels!

Les premières " utilisations commerciales" des dégus n'étaient pas en tant qu'animaux de compagnie, mais bien comme animaux de laboratoire... En effet, les dégus ayant une structure d'insuline différente de la nôtre et étant naturellement incapable de métaboliser le sucre, ils ont étés utilisés pour faire des recherches sur le diabète et ses divers traitements depuis leur découverte au XVIIe siècle par Darwin. Ils sont aussi utilisés en recherche neurologiques pour des projets sur la coordination entre l'oeil et la patte en les faisant atteindre de la nourriture hors de portée immédiate. L'intérêt scientifique pour ce rongeur est surtout présent à cause de son mode de vie "communautaire", de son comportement complexe, de son anatomie particulière et de son cycle circadien (jour/nuit), entre autres.

Il a été introduit aux États-Unis et au Royaume-Uni en 1964 pour des recherches sur le comportement et l'anatomie. 20 adultes ont été capturés et envoyés au Massachusetts Institute of Technology. Un zoo a récupéré les descendants, qui sont les ancêtres de nos dégus domestiques. Cela explique en grande partie la consanguinité de nos dégus, mais leur reproduction de masse à partir de peu d'individus au Québec ne les a pas aidé. Leur santé en a été diminuée, mais leur taille en a aussi souffert : "On remarque d'ailleurs que les octodons sauvages sont souvent plus gros que leurs congénères captifs. La consanguinité excessive semble donner naissance à des individus de plus en plus petits.2 " On retrouve les dégus en tant qu'animaux de compagnie depuis quelques années à peine, soit environ une trentaine d'années au Québec.

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1: TREMBLAY, Manon. L'octodon, Éditions Le Jour, coll. Nos Amis les Animaux, 2005, Page 9.
2: Idem, Page 17.